Nosfell : « Je ne veux pas que les gens s’ennuient ! »

Vous ne connaissez pas Nosfell ? C’est un artiste qui n’est pas tout à fait de ce monde. Il vient de Klokochazia, une île entourée d’une mer de glace où on parle le Klokobetz. A l’occasion de la sortie de son nouvel album « Kälin bla lemsnit dünfel labyanit » et à la suite d’une tournée estivale, le musicien à la voix d’une aisance ahurissante évoque son univers.
Le Journal des Plages : D’où vient l’univers de Nosfell ?
Nosfell - J’avais cet univers en moi depuis que je suis gamin. La musique m’a permis de rendre cet environnement moins hermétique aux autres. Pour moi, ce n’est pas un monde féérique mais plus un bestiaire qui peut se comparer, sans prétention, aux choses présentes dans l’inconscient collectif ou dans les contes de Grimm.
Pourquoi avez-vous inventé un langage ?
- En fait, j’ai surtout inventé une forme qui vient des rapports ambigus que j’entretenais avec mon père. Il était polyglotte et je ne le comprenais pas toujours. Lorsque j’ai voulu m’affranchir de cette relation, j’ai voulu créer un langage cohérent. J’avais vraiment la volonté d’exorciser quelque chose. Naturellement, j’ai voulu donner à cette chose qui me prenait la tête une cohérence. Par exemple, je me plie à des règles de grammaire. Cette langue n’est pas un concept, elle fait partie de moi.
Comment accordez-vous cette langue à vos mélodies ?
- Je n’utilise pas mon langage dans tous mes moments musicaux. J’ai grandi comme beaucoup de gens de ma génération dans la musique anglo saxonne. Mon langage peut donner une forme un peu baroque à ma musique, on peut avoir du mal à s’immiscer dans cette langue. C’est aussi ce qui me plait dans cette démarche. C’est une recherche esthétique, où la musicalité prime. J’écris des chansons, mais elles peuvent être considérées comme des morceaux musicaux. J’ai quand même la volonté de ne pas faire une musique extrêmement instrumentale. Je ne veux pas que les gens s’ennuient !
A quoi ressemble un de vos shows ?
- En fait, ça dépend beaucoup des endroits où on joue. Pour nous c’est important de changer la liste des morceaux tous les jours. On a un morceau d’introduction qu’on garde mais pour le reste l’ordre des chansons change tout le temps. Si le lieu est fermé ou ouvert, le public ne réagit pas de la même façon. Ils n’ont pas la même écoute assis confortablement dans un théâtre que debout en plein air. Dans un endroit fermé, j’ai tendance à plus étirer les histoires de mon bestiaire que je raconte sur scène. Je titille la patience des gens. En plein air, je raconte moins, il y aura plus d’instrumental.
C’est votre deuxième album… Vous avez appréhendé sa création différemment du premier ?
- On a fait des concerts pendant des années et on a fini par enregistrer un premier disque. Pour le deuxième, c’est complètement différent. On a arrêté la tournée le 15 janvier 2006 et le 2 février on était déjà isolés en Bretagne pour enregistrer des choses avec une trentaine de pistes. On a enregistré des maquettes et des chansons définitives, et on a commencé à écrire. C’était un exercice compliqué, risqué et excitant.
Propos recueillis par Juliette Rouleaux.
- Lien web : site officiel de Nosfell | http://www.nosfell.com/
Extrait de Sladinji The Grinning Tree joué à l'occasion du passage de Nosfell dans l'émission "Des mots de Minuit" diffusée sur France 2.
Par La rédaction, mercredi 22 août 2007 à 04:02 - Interview - #283 - rss








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