Partir hors-saison

Partir en dehors des congés scolaires est souvent l'assurance de passer des vacances de rêve : prix bradés, sites touristiques et plages désertés, personnel hôtelier aux petits soins. Mais attention aux fausses bonnes affaires.
Des prix sacrifiés, des plages pour soi... font tout le charme des vacances hors-saison.
La météo devrait leur donner raison, cette année particulièrement. Alors que de nombreux Français viennent tout juste de reprendre le chemin de l'école ou du bureau (les « juilletistes » représentent 36 % des migrations d'été et les « aoûtiens » 54 %), d'autres se félicitent d'avoir pris leur mal en patience. Ceux-là s'apprêtent seulement à boucler leurs valises, escomptant bien bénéficier d'un été indien après une saison estivale morose dans l'Hexagone. Etudiants, célibataires, jeunes parents ou retraités, ils ont pour point commun de ne pas avoir à se soucier des vacances scolaires et partent en saison creuse. Objectif : bénéficier de tarifs plus intéressants, voire carrément bradés, sur les billets d'avion, hôtels, croisières, locations de voiture, tout en évitant la forte affluence touristique.
Un même voyage peut ainsi varier du simple... à plus du triple, comme ce séjour d'une semaine tout compris en République dominicaine repéré chez Look Voyages, affiché 445 euros pour un départ le 6 septembre, contre 1.590 euros le 30 décembre, en pleines fêtes de fin d'année. Parmi les bonnes affaires, la basse saison peut aussi permettre à une personne seule d'échapper au supplément chambre individuelle, comme chez Thomas Cook, qui propose par ailleurs une offre « enfant-roi » alléchante : jusqu'au 24 septembre, les bambins bénéficient de la gratuité du vol et de l'hébergement. On en ferait bien sauter l'école à nos petits de maternelle ! « L'arrière-saison voit également refleurir les ventes flash chaque jeudi jusqu'au lundi pour des départs imminents", fait valoir Godeleine Vérin, directrice de production de Jet Tours. "Les tour-opérateurs, qui réservent très en avance des places d'avion et des chambres d'hôtel, sacrifient les prix au dernier moment pour les remplir coûte que coûte. Une aubaine pour les clients qui ont le loisir de poser leurs congés comme bon leur semble. » C'est l'occasion ou jamais de s'offrir un palace, prêt lui aussi à casser ses prix pour s'assurer un taux de remplissage minimum.
Mais pour Jean-Pierre Nadir, fondateur d'Easyvoyage.com, le premier portail éditorial consacré au voyage, « le vrai plus du hors-saison, c'est d'être à contre-courant de la foule. Pas de bousculade à l'embarquement, davantage de places dans les bus de transfert, kiosques encore approvisionnés en journaux et, au final, la vallée des Rois en Egypte pour vous tout seul, c'est inestimable ! Sans compter que cette intimité facilite les contacts humains avec les autochtones et que le personnel hôtelier, moins stressé, est à vos petits soins. »
Prévoir le temps
Pourtant le rêve peut vite tourner au cauchemar. Si l'actualité récente nous a rappelé que septembre et octobre étaient la saison des cyclones dans les Caraïbes et des typhons en Asie, mieux vaut se munir de l'ouvrage de Jean-Noël Darde, « Saisons et climats. Où partir en 2008 », à paraître dans quelques jours chez Hachette, afin d'éviter les désagréments. « C'est drôle comme sur les catalogues de tourisme, le temps est rarement au ciel couvert et à la pluie, souligne l'auteur, qui ajoute, il ne faut pas confondre lointain et exotisme, comme ce magazine qui avait conseillé Pékin dans son hors-série consacré aux soleils d'hiver... alors qu'il y fait - 10° ! ».
Plusieurs planisphères et tableaux de son guide permettent d'identifier en un coup d'oeil, pour tous les pays du monde, la « meilleure période » et « la moins favorable », en distinguant fort intelligemment les séjours balnéaires de ceux consacrés aux visites et découvertes. Températures de l'air, de la mer, précipitations mais aussi nombre d'heures d'ensoleillement et durée du jour constituent un sésame précieux pour effectuer son choix et préparer sa valise. « Le facteur climatique ne doit pas être pris à la légère, sans quoi votre séjour pourrait être définitivement gâché », avertit Jean-Noël Darde, citant l'exemple de la Bolivie. Ce n'est pas qu'une histoire de K-way : « En janvier, lorsqu'il pleut, les routes y sont totalement impraticables. »
Plus surprenant encore, il dénonce dans son guide certaines « erreurs manifestes qui ne tiennent pas toujours au seul hasard » de la part de l'industrie touristique. Comme ce rendez-vous avec les baleines franches de la péninsule de Valdès, en Argentine, proposé par un T.O. au mois d'avril, pendant les vacances de Pâques, alors que la plupart d'entre elles n'ont pas encore quitté l'Antarctique !
Enfin, il faut garder à l'esprit que si l'on échappe aux vacanciers français en partant dans l'hémisphère Sud à contre-saison, on risque fort de se retrouver au milieu d'une horde de touristes... locaux. En Afrique du Sud, en Australie ou en Argentine, les visiteurs sont en effet pour l'essentiel des autochtones. Même sans enfant, vous seriez donc bien inspiré de vous renseigner sur les calendriers scolaires en vigueur sous d'autres latitudes !
- Source : http://www.patrimoinorama.com/
Crédit photo : © Galina Barskaya - Fotolia.com
Par La rédaction, lundi 17 septembre 2007 à 05:47 - Pratique - #321 - rss








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