Le jeune surfeur réunionnais Jérémy Florès avale les vagues et les catégories au point de disputer, à 19 ans, sa première année sur le World Tour (WT, élite mondiale) - et de s'y faire remarquer.

Florès a été éliminé cette semaine en 16e du Pro France (7e étape sur dix du Championnat du monde), remporté par l'Australien Mick Fanning. Mais il en sort 8e mondial sur 44, un standing pour sa première année qui a amené des comparaisons avec le maître Kelly Slater, de 16 ans son aîné.

"Je n'ai pas d'objectifs cette année, je travaille dur, j'observe et j'intègre tout ce que je peux intégrer pour progresser", explique, très détendu, Jérémy Florès, meilleur "rookie" de l'année (nouveau venu sur le circuit WT).

Depuis le début de saison, son tableau de chasse s'est sérieusement étoffé. En mai à Teahupoo (Tahiti), après s'être fait les dents sur Taj Burrow (3e au classement), il a pour la première fois de sa carrière pris le meilleur sur l'octuple champion du monde floridien Kelly Slater.

A la mi-septembre, il a battu CJ Hobgood (champion 2001) pour atteindre sa première demi-finale sur le tour professionnel à Trestles, en Californie.

"Il s'améliore à chaque compétition, c'est un adversaire tenace qui est devenu une menace", avoue Mick Fanning, conforté à Seignosse dans sa position de N.1 mondial.

"Son bagage technique est énorme, sa lecture de vague impeccable, son mental sans faille. Et il veut gagner, il est là pour gagner, pas pour faire le deuxième tour", ajoute Stephen Bell, chargé de la logistique autour de Florès.

Sa première vague, Jérémy Florès l'a rencontrée à 3 ans, sous les yeux de son père, son coach de toujours, à la Réunion où il est né. Après un passage de quelques années sur la grande île voisine de Madagascar, la terre maternelle, il est repéré lors du Pro Junior de Capbreton (Landes) en 1997.

Repérant un "don naturel" et "une avance de 5-6 ans sur les autres", l'équipementier américain Quiksilver lui fait signer un contrat dans la foulée alors qu'il n'a que 9 ans -une première en Europe-, l'âge où d'autres apprennent à nager.

Florès voyage alors avec les meilleurs mondiaux qu'il a observés et copiés des heures durant sur cassettes vidéo avec son père. La moitié de l'année sur les spots australiens, l'autre à Capbreton, les victoires s'enchaînent, souvent dans des catégories supérieures à son âge: champion de Sydney en 2000 et 2001, champion d'Europe en 2000, champion d'Europe pro junior en 2005, numéro 1 du WQS (2e division) en 2006...

A tel point que la comparaison avec Kelly Slater ne fait plus rire. "Quand Kelly était un jeune adolescent, tout le monde l'attendait au tournant. C'est pareil pour Jérémy. Tout le monde l'attend et depuis qu'il est arrivé sur le circuit, il est aussi bon qu'on le pressentait", reconnaît Rabbit Bartholomew, champion du monde 1978 et actuel président de l'Association des surfeurs professionnels (ASP) qui gère le circuit.

D'après lui, le jeune Français "sera une source d'inspiration pour beaucoup de jeunes surfeurs partout dans le monde. Il a tout pour devenir un héros du surf mondial".



Palmarès :

  • 2006 - Champion du monde WQS
  • 2005 - Champion d'Europe Pro-Junior
  • 2005 - Champion du Monde par équipe Junior
  • 2005 - 9e Championnat du Monde moins de 21 ans
  • 2005 - 17e du Quiksilver Pro France 2005
  • 2002 - Champion d’Europe Cadet
  • 2002 - Vainqueur du Quiksilver Grommets Trophy
  • 2000 et 2001 - Champion de Sydney catégorie Minime
  • 2000 - Champion d’Europe Minime
  • 2000 - Champion de France Minime
  • 2000 - Vainqueur du Quiksilver Grommets Trophy

Source : AFP + Wikipédia.