Tony, toutes ces récompenses ne vous donnent-elles pas le vertige ?
- Tony Parker : Non, je garde les pieds sur terre. Je suis exactement le même. Je ne me lève pas le matin en me disant que je suis trois fois champions NBA. Finalement, c’est le regard des gens qui a changé.

Quel regard portez-vous sur votre jeune carrière ?
- Le point positif, c’est que j’ai toujours faim de victoires. Je ne suis pas rassasié. J’ai la chance d’avoir remporté trois titres NBA à 25 ans mais je ne veux pas m’arrêter là. Si c’était le cas, ça ne servirait à rien de poursuivre ma carrière. Mon idole, Michael Jordan, a remporté six fois la bague de champion. J’en suis donc à mi-chemin. C’est en te fixant des objectifs que tu continues à avancer.

Pour tout basketteur, le rêve c’est de jouer en NBA car il y a les meilleurs joueurs. En France, les enfants connaissent tous les joueurs de la NBA et pas un seul de Pro A. N’est-ce pas un peu dommage ?
- La NBA n’a pas la même visibilité que la Pro A. La NBA, c’est un grand show à l’américaine. Vous avez les meilleurs joueurs du monde qui évoluent dans des salles pleines à chaque rencontre. C’est un vrai spectacle. Il y a de très bonnes équipes en France, avec de très bons joueurs mais les meilleurs n’ont qu’un souhait : évoluer un jour en NBA.

Ne pensez-vous pas qu’il existe un déficit de médiatisation du basket en France alors que par ailleurs c’est le premier sport collectif pratiqué par les enfants à l’école ?
- Complètement. Mais que pouvons-nous faire face au football ou au rugby ? Ce sont à ce jour les deux sports phares en France. Il existe une vraie culture autour de ces sports, ce qui n’est pas le cas pour le basket.

Souhaitez-vous revenir en France à la fin de votre carrière NBA ?
- Honnêtement, je ne me revois pas jouer en France à un niveau professionnel. Par contre, ce serait très sympa de monter une petite équipe avec Boris (Diaw) et Ronny (Turiaf) à la fin de notre carrière NBA. On pourrait s’amuser dans un club amateur. Je pense que nos adversaires seraient très heureux de nous avoir en face d’eux.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager auprès de Make-A-Wish France ?
- Je connaissais Make-A-Wish avant de m’engager à leur côté. L’association est très connue aux Etats-Unis. J’avais déjà réalisé des voeux en rencontrant des enfants et des familles ayant demandé de l’aide à Make-A-Wish. C’est pour moi un véritable engagement, cela m’a profondément bouleversé . C’est tellement beau de pouvoir donner de l’espoir et du bonheur à un enfant qui en a besoin. Quand j’ai appris qu’il existait également en France un vrai engagement, j’ai tout de suite décidé de m’engager avec eux et de les aider à réaliser le plus de rêves possibles. Je me sens proche des enfants. Ce sont eux qui me suivent tout au long de l’année. C’est donc naturellement que j’essaie de passer un maximum de temps avec eux en leur donnant du bonheur.

NB. : Make-A-Wish® France est une association dont la mission est de réaliser les Voeux des enfants atteints de maladies graves.
http://www.makeawishfrance.org/