Michel, lorsque l’on évoque tes trente ans de carrière, on ne prend pas un coup de vieux, mais un coup de jeune !
- Michel Leeb : Merci, mais c’est notre métier qui fait cela ! On doit toujours être bien, ne pas montrer que l’on a un coup de fatigue ou que l’on a des soucis. On va sur scène comme dans une mosquée en laissant ses pompes et ses soucis à l’entrée ! Pour en revenir à mes trente ans de carrière, c’est évident que les gens s’identifient. Tu sais, lorsque l’on écoute une chanson ’Aznavour qui a quarante ans, ce qui fait que le temps n’est pas passé, c’est l’envie intacte que l’on a conservé d’écouter toujours cette même chanson. Eh bien, c’est la même chose avec un sketch comme La machine à écrire ou Le Chinois. Le public les retrouve comme si le temps n’était pas passé et s’en souvient avec délectation et plaisir !

Mais ce spectacle intitulé Tout ce que j’aime n’est pas pour autant un best of de tes trente ans !
- Bien sûr que non ! Il y a plus de 80% d’inédits et les sketchs anciens sont revisités. Chirac sur scène, c’est la première fois que je l’imite. La dinde au Whisky, c’est un truc de pochtron que je n’avais encore jamais fait ! Alors, tout ce que j’aime, c’est quoi ? C’est la scène ! C’est-à-dire ce mélange de comédie, de chants, d’émotions en passant des rires aux larmes. La scène, c’est le lieu de tous les possibles. C’est cela que j’aime ! Je fais ce métier avec comme arrière pensée que je suis là pour quelque chose, que ce n’est pas un hasard. Je crois que je suis là pour donner aux gens et que tout ce qu’on aime,il faut le partager !

Dans ce spectacle, ton personnage est confronté aux même tracas que tous ses contemporains…
- Oui, c’est ce qui fait que les gens s’identifient. Par exemple, tout le monde a peur en avion ! Beaucoup de gens ont des phobies, sont claustrophobes ou hypocondriaques. On n’ose ja mais avouer ces choses-là. Et, je me disais que cela ferait dans le spectacle un petit quart d’heure de Stand up comme font tous les humoristes aujourd’hui. J’espérais que ça me guérirait de tous ces tracas que j’éprouve, comme si parler au public c’était comme être devant une sorte de psy avec qui je suis en conversation… Mais, pas du tout : c’est pire qu’avant ! (rires)

Si, en trente ans, l’homme que tu décris a peu évolué, les femmes ont, quant à elle, bien changé !
- Ah oui ! C’est vrai ! Elles ont pris le pouvoir tout simplement. Mais, je ne suis pas contre. Je rigole avec ça dans un sketch. Mais je suis persuadé que si les femmes dirigeaient la planète, il y aurait moins de conflits parce qu’il y a moins d’égo entre les femmes. Les hommes sont des coqs ! C’est peut être utopique ce que je dis mais je pense qu’elles s’entendraient entre elles dans une atmosphère plus douce et maternelle. C’est ce que l’on recherche d’ailleurs à travers toutes les femmes…

Ta jeunesse ne semble pas s’être altérée tant tu as su t’adapter et épouser toutes les tendances…
- Je n’ai pas cherché à être à la mode. Jamais. Je continue mon bonhomme de chemin et je n’ai jamais cherché à aller dans le sens de ce qui se faisait. Je suis toujours allé vers ce que j’aimais et je continue. C’est un luxe de pouvoir le dire comme de pouvoir le faire. Moi, ce que j’aime, c’est changer de registre mais en mettant tout le temps de l’humour !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de revenir au One Man Show ?
- Je me suis beaucoup amusé au théâtre. J’ai joué des pièces formidables, comme Madame Doubtfire, ou encore Amitiés sincères avec Bernard Murat. J’ai eu plus de six ans de succès ! J’étais à la fois enchaîné et pris par le plaisir du théâtre. Puis, à un moment donné, la complicité, le partage, c’est bien mais tu a envie d’être seul. C’est jouissif aussi le one man show même si c’est ce qu’il y a de plus dangereux. C’est un plaisir extraordinaire.

Et là, tu es reparti à fond !
- J’ai déjà fait 180 dates, c’est beaucoup. Il y a eu aussi le DVD enregistré au Casino de Paris. J’ai également un livre qui vient de sortir, intitulé Scènes réflexions. Ce sont des réflexions à propos de tout et de rien que j’ai écrit pendant que jouais sur scène dans Douze Hommes en colères, il y a quelques années. Je profitais des deux minutes quinze où je n’avais rien à faire et où j’étais assis dos au public et pendant lesquelles j’écrivais sur scène ! Ce sont des petites feuilles, des petites choses sur ma vie, mes amours, mes enfants, mon métier le jazz, la pluie… Pour revenir au spectacle, je ferais une seule date au Palais des Congrès comme une cerise sur un gâteau le 26 novembre prochain puis je serais en tournée jusqu’au 31 décembre. Je n’aime pas tellement fêter les anniversaires. Je vois plutôt cette date comme un rendez-vous. Comme si on se retrouvait pour un soir, un moment rare unique et beau... Je trouvais aussi que c’était bien que ça swingue derrière alors il y aura un big band de 18 musiciens ! On va bien faire les choses !

Propos recueillis par Tony Gomez : http://www.tonygomez.com | Merci à ParuVendu Paris : http://www.paruvenduparis.com