Tony Gomez : Sébastien, on le voit dans ton émission tout comme dans ce DVD, tu ne fais que t’amuser avec les tabous des autres. En fin de compte, ce n’est jamais toi le vicelard ?
Sébastien Cauet : Quand tu regardes au premier degré cela fait toujours très pervers le mec qui déshabille les filles. Mais, quand tu regardes plus attentivement, je ne pousse jamais la fille à la vulgarité ou au-delà de ses limites. Jamais, je ne me colle ou je me frotte. Il y a toujours du respect pour qu’aucune fille ne sorte en disant : “Dis donc le mec il en profite !”. Sachant qu’il n’y a aucune arrière-pensée perverse, nous n’avons jamais eu de problèmes. Et puis, les filles qui viennent sont souvent des bloggeuses nues sur toutes leurs photos ! Il y a un côté très joueur chez elles aussi. Il y a des gens comme ça qui sont très étonnants et à l’aise avec leur nudité. Malgré tout on est resté très correct sur ce DVD.

Ce qui est incroyable chez toi, c’est ta spontanéité et ta capacité à rebondir !
Il faut être vif. C’est très marrant parce qu’on a tous un truc qui nous pourri la tête nos problèmes perso, etc. Et, les rares fois ou cela m’est arrivé dans la vie, je sens très vite qu’il faut que j’évacue. S’il y a un problème auquel je dois penser, je ne suis pas vif et je rate des trucs. Donc, il faut vraiment se libérer de tout et avoir toujours un coup d’avance. Quand je pose la question, parfois je parle très vite parce que je sais déjà ce que j’ai envie de dire à l’autre. Je pousse les mots ! Peu importe qu’il me réponde oui ou non, j’ai déjà l’hypothèse pour repartir de l’autre côté.

D’ailleurs, pour quelques uns de tes invités, cela va trop vite !
Oui et parfois ce sont pourtant des gens très brillants sur scène. Ils commencent à avoir une vanne qui vient mais c’est déjà trop tard ! En fait, ce n’est pas une émission où il faut essayer d’être drôle. Il faut être soi-même.

On se demande bien parfois où tu vas chercher tout ça !
C’est là où tu comprends l’importance de l’équipe. Notre force, c’est qu’à tout moment, les gens autour de moi, quand ils me voient en forme, en rajoutent. Ils me connaissent, ils savent qu’ils peuvent se le permettre parce que je l’ai déjà fait et ils y vont ! Et là, s’il y en a un qui est plus drôle que moi je m’arrête. Si une vanne arrive en plus on l’a remet au dessus. Ils sont tops et là, c’est magique !

Dans Cauet commente le meilleur, tu expliques que tout cela est un travail très structuré pour que la spontanéité puisse jaillir.
Dans la préparation, je suis très exigeant. Même si je tolère une marge de ratage – ce n’est pas gênant puisque c’est du direct et que cela peut être drôle – j’ai beaucoup plus de mal avec l’incompétence totale. Si, par exemple, un ordre est prévu à l’avance et si cela n’est pas respecté, cela peut me rendre dingue ! Car, je jongle à partir d’une préparation, il me faut une trame. Il me faut des bases pour aller loin !

Parmi les invités, certains sont de très bons clients…
Je vois à qui tu penses ! Eve Angeli ! Elle est incroyable, c’est un boulevard cette fille ! Tu lui dis tout et tout passe ! Mais, elle a une telle gentillesse que tu ne peux pas aller très loin. Comme elle réagit très bien, elle s’en sort toujours. Elle a compris son personnage. C’est en jouant la cruche que les gens la regarderont. Elle est adorable. C’est typiquement une fille à qui tu ne peux pas faire de mal.

Dans ces interdits, on se rend compte aussi de ton engagement physique…
Il y a eu des moments où je me suis fait très mal physiquement. J’ai une très grosse résistance mais en revanche je ne suis pas très souple. Donc, dès qu’il faut faire des trucs, je me fais tout de suite très mal. Il y a une séquence où je me lance dans le public et j’étais vraiment furieux contre eux. Ils m’avaient énervé, je leur demandais de se taire mais ils ne se taisaient pas. Mais je ne voulais pas pour autant leur faire mal. Alors, j’avais calculé le coup d’atterrir d’une certaine façon. Certains se sont levés et je me suis explosé par terre ! J’ai entendu un grand crac et j’ai fini l’émission dans un état... Mais, le public a réagi en croyant que c’était une blague !

Dans Les interdits rien n’est jamais passé à la télé ?
Des extraits sont passés mais pas comme ça. Là, c’est vraiment l’intégralité de la séquence ou ce qui a été coupé. Parfois, sur TF6, les seins sont brouillés par exemple. Là, toutes les séquences où les filles se déshabillent dans le studio, on s’est fait un malin plaisir de les mettre ! Deux personnes de mon équipe ont recherché ce qu’on avait décrit et de vagues souvenirs que je pouvais avoir sur certaines séquences et aussi entre les séquences car les caméras tournent tout le temps, même pendant les pauses !

Sincèrement Sébastien, on se demande pourquoi on ne voit pas Les interdits à la télé…
J’aimerais bien mais la télé nous le coupe ! Parfois, je me bats en disant qu’il n’y a rien de grave et qu’on place la pudeur à des endroits assez étranges… Et puis, ce DVD c’était l’occasion aussi de mettre des bonus marrants, comme des sonneries, des fonds d’écrans. On a fait des trucs sympas et ce DVD, il faut le voir comme un gros bonus !