Amel Bent : "il n’y a pas d’amour heureux".

A tout juste 22 ans, Amel Bent signe déjà son second album. Avec l’énergie et l’envie de liberté d’une jeune femme de son âge, elle exprime ses sentiments, ses amours et ses peines avec les mots qu’elle a choisis. Et pour célébrer comme il se doit son deuxième opus, elle s’offre un duo avec Diam’s et réserve quelques belles surprises sur la version collector de son CD…
Amel, comment t’es venue l’envie d’écrire ce nouvel album ?
C’était pendant la tournée d’un jour d’été. Quand je rentrais le soir à l’hôtel, j’étais dans une grande solitude après la scène. Je ressentais énormément d’angoisse et j’ai commencé à écrire à ce moment-là. Et puis, c’est devenu une habitude. Dans ma chambre, à la maison, au lieu de regarder un film je sortais mon cahier et puis j’écrivais. Je l’ai vraiment fait sans contrainte sans me dire qu’il fallait absolument que cela serve pour un album…
C’est d’ailleurs ce qui ressort dans tes textes. On ressent une grande sincérité et on est presque dans ton intimité…
J’essaie de décrire ce que je vis, ce que je vois, ce que je comprends. Après c’est sans aucune prétention, je n’essaie pas de parler au nom de quoi que ce soit. Quand j’étais ado, je n’avais pas de journal intime, mais un petit carnet qui me permettait de surmonter mes crises d’angoisses en notant ce qui m’encombrait. Je barrais les mots quand ça partait ! Pour cet album, j’ai eu du mal à arrêter d’écrire. J’en ai six ou sept en plus. Mais là il faut que je me consacre à celles de l’album, que je les mûrisse et que je les rechante… C’est important de rester en accord avec ce que l’on a raconté… Treize chansons sur l’album, ce n’est pas beaucoup, mais je ne voulais pas mettre de chansons qui pouvaient risquer de mal vieillir,
qui n’auraient plus été dans mon actualité. Je ne veux pas me trahir ou jouer la comédie. J’ai donc gardé des grands traits...
Parmi les thèmes de cet album, il y a toute l’affection que tu ressens pour ta maman, que tu abordes notamment dans un duo avec Diam’s...
Cela revient automatiquement : dès que j’écris, il y a toujours une pensée pour ma maman dans ce que je fais et forcement, cela ressort dans mes textes… C’est elle qui me permet de me ressourcer.
L’amour est aussi omniprésent…
De 7 à 77 ans, on vit tous les mêmes choses, on est amoureux ou à la recherche de l’amour jusqu’à la fin de sa vie ! L’amour c’est un thème incontournable quand on chante, et en tant que femme, on a très vite l’inspiration… Dans cet album, il n’y a pas vraiment d’amour heureux. Mon inspiration est venue de toutes mes histoires et tout ce que j’ai pu entendre des histoires de mes amies et de mes cousines. On se parle beaucoup entre filles, on partage beaucoup nos souffrances... « J’ai changé d’avis » c’est un peu la chanson qui vient contredire les autres, où je pars en winneuse et non en victime !

Outre les textes , il y a une très belle unité dans la musique et de belles intros au piano…
J’adorerais faire un album piano voix. J’ai l’impression qu’avec le violon contrairement à d’autres instruments, tout aussi beaux et indispensables, ils apportent une vraie émotion. Ce sont des instruments qui pleurent. Moi je choisis les musiques à l’instinct, au coup de foudre. J’aime toutes les chansons de cet album. Faut pas me demander de choisir ! Je n’essaie pas de plaire à tout le monde, j’essaie juste que tout me plaise.
Comment as-tu choisis la chanson d’Obispo « Nouveau Français» ?
J’ai eu un véritable coup de foudre. Je le harcelais pour qu’il m’écrive une chanson mélancolique mais il était en tournée et m’a proposée des chansons écrites il y a quelques années. Je l’ai écouté plusieurs fois et je lui ai dit : « Je la veux ! ». C’est une chanson qui parle des mentalités mais elle est complètement apolitique. Elle n’a pas été faite pour les élections !
On diabolise la Marseillaise alors que c’est un symbole. On est en droit en tant que nouveau Français de s’approprier ce genre de chanson. C’est quelque chose de légitime. On ne
peut pas être nouveau Français et rejeter ces symboles...
Que vas-tu faire maintenant ?
La tournée à fond ! J’attends les dates, on prépare cela avec forcément une scène parisienne. Je ne veux pas être un phénomène de mode. Mon premier album est resté deux ans et demi dans les bacs. J’espère que celui-ci aura la même longévité que le précédent... Cela a moins de goût quand tout vient tout de suite. C’est bien d’aller au charbon, de défendre
son albums sur scène et à la télé. J’aime bien cette notion de temps...
- Lien web : Amel Bent site officiel : http://www.amelbent.com/
Propos recueillis par Tony GOMEZ
Par La rédaction, vendredi 4 janvier 2008 à 08:05 - Interview - #508 - rss








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