Christophe, comment as-tu relevé le défi de transposer l’univers très particulier de ton album sur scène ?
J’ai essayé de m’entourer de gens qui étaient déjà avec moi sur l’album. On a retravaillé le son en recherchant non pas une unité mais un clivage encore plus important.

En concert, tu as une partie très cabaret, un peu meneur de revue suivie d’une seconde partie plus électro avec les stroboscopes et la boule à facettes !
J’avais envie d’emmener les gens plus loin en essayant de faire un savant mélange encore plus détonnant par rapport à ce qu’il y a sur mon album.

Sur scène, tu as d’ailleurs encore plus d’éléments pour t’exprimer.
Oui, carrément ! Sur l’album, le visuel se résumait à la pochette. J’avais une certaine frustration. Pour le concert, on emmène les gens dans une dimension très différente. C’est super excitant d’avoir un ensemble de choses très visuelles.

On te sent heureux et prêt à partager ton bonheur. C’est important pour toi d’être généreux avec le public ?
Quand je me retrouve sur scène, j’ai envie de permettre aux gens de se déconnecter complètement. Je veux qu’ils profitent de moi pour cela ! Pendant les 2h30 que dure le concert, ils finissent par se lâcher et par grimper sur les sièges ! C’est agréable de voir que tu as emmené les gens là où tu rêvais de le faire… Je parle beaucoup sur scène parfois trois à quatre minutes entre chaque titre afin que les gens se disent : “Je n’étais pas au concert de Christophe, mais j’ai vraiment passé une soirée avec lui ”.

Dans tes clips, on retrouve aussi ce désir de perfection. Tu t’y investis beaucoup ?
J’aime bien être là où on ne m’attend pas. L’univers du clip de Double Je était assez brut, celui de Jacques a dit plus soigné avec, à chaque fois, le souci de trouver des images qui collent au style de la chanson. Mais, quand un titre me parle, automatiquement, je visualise d’emblée l’univers qui y est assorti. Jeune, j’écoutais des musiques de films, beaucoup plus que des chanteurs ou chanteuses. C’est très important pour moi de lier le son à l’image. Et puis, j’aime bien l’idée qu’il faille toujours se renouveler pour ne pas se lasser facilement des choses.


Tu es en tournée mais on te retrouvera aussi en avril au cinéma avec les deux chansons que tu interprètes sur la bande originale de Disco ! Comment s’est passé cette collaboration ?
J’étais super flatté qu’on me le propose, surtout sur ce film-là. J’ai eu un véritable échange avec l’équipe. Cela a d’abord été une belle rencontre humaine et ensuite un beau travail sur deux chansons cultes de la période Disco que j’affectionne particulièrement.

Tu adhères à l’état d’esprit du Disco ?
Oui, au-delà de la musique, c’est ce qui me plaît le plus. Je suis très nostalgique d’une époque que je n’ai connue que par les documentaires et les récits de mes parents et de leurs amis. Ce n’est pas forcément une époque d’insouciance mais surtout c’est surtout une période d’optimisme par rapport au boum de ces années-là. Les gens se permettaient de rêver ce qui n’est plus le cas désormais car les médias nous renvoient une image de la société tellement pessimiste qu’il n’y a plus de rêve possible…

Pour tes fans ou ceux qui auraient manqué un concert, tu as prévu un DVD live ?
C’est une captation qui a été faite à la Cigale avec surtout un documentaire. J’ai été suivi tout au long de la tournée par une copine avec sa caméra. Elle me filmait 24h sur 24 et a même dormi dans ma chambre, donc on ne peut pas être plus intime ! Les gens vont être au coeur de la tournée avec le car, les couchettes, les conneries que l’on peut faire dans les loges... C’est mon In bed with Madonna à moi ! J’ai voulu restituer ce DVD avec toujours ce même souci d’authenticité…

Tu as connu la consécration avec deux NRJ Music Awards et tu es nominé aux Victoires de la Musique... Est-ce que cela te perturbe un peu ?
Non ! Parce que j’essaye de vivre les choses le plus naturellement possible. J’essaye de ne pas trop me poser de questions et de profiter de la chance de faire tout cela en ce moment. Je suis spectateur de ce qui se passe. Je ne suis acteur que quand je suis sur scène !

Sur scène, c’est le plaisir qui t’anime ?
Je suis un hyperactif. Je fais toujours mille trucs au même moment. Il n’y a que sur scène où je pense à une seule chose : être là ! Et, c’est orgasmique, c’est un endroit où tu es en fusion parfaite avec les gens. Tout est permis, c’est très particulier…

En résumé Christophe, tu es heureux ?
Très heureux. J’ai toujours peur que ce bonheur parte trop vite car c’est tellement bon. Je crois vraiment au cercle, le vicieux comme le vertueux. Quand tu partages une bonne émotion ou une bonne sensation, cela fait boule de neige et la personne va l’emmener à quelqu’un d’autre et ainsi de suite... Cela parait un peu simple, mais j’y crois.