80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées
Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le « syndrome d'effondrement » - ou « colony collapse disorder ». Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Arrivée sur Terre 60 millions d'année avant l'homme, Apis mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie. Aux Etats-Unis, où 90 plantes alimentaires sont pollinisées par les butineuses, les récoltes qui en dépendent sont évaluées à 14 milliards de dollars.

Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? Les émissions électromagnétiques des téléphones portables qui perturberaient l'abdomen des abeilles ? « Plutôt une combinaison de tous ces agents », assure le professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario. Dans un communiqué publié cet été par l'institut Isis (Institute of Science in Society), une ONG basée à Londres, connue pour ses positions critiques sur la course au progrès scientifique, il affirme que « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles ».

Les abeilles sont autant productrices de miel qu’elles sont indispensables à la pollinisation des fleurs et des plantes. En effet les abeilles constituent un élément dans la chaîne interactive des écosystèmes. Le rôle de l’abeille est très important dans les divers cycles de la vie des diverses espèces. Pas d’abeilles, pas de miel mais surtout non reproduction et disparition de certaines espèces végétales, donc disparition de certaines espèces animales.

Pour tenter d'enrayer ce phénomène très inquiétant, l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) lance une campagne de sensibilisation.
Apparue avec les plantes à fleurs, l'abeille existe sur notre planète depuis plus de 80 millions d'années.
Aujourd'hui, plus de 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles, qui jouent un rôle prépondérant de pollinisateurs.
Ainsi, près de 20 000 espèces végétales menacées sont encore sauvegardées grâce à l'action pollinisatrice des abeilles.
Ainsi, près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux, etc...) dépend exclusivement de l'action fécondatrice des abeilles.
Par ailleurs, le miel, le pollen, la gelée royale, la propolis, le venin, demeurent des produits naturels appréciés par les consommateurs et font l'objet de nombreuses recherches de par le monde pour leurs qualités diététiques et thérapeutiques.

Pourtant, aujourd'hui, après avoir survécu à tous les changements climatiques, les abeilles sont menacées en raison de mutations profondes de l'environnement dues notamment à des pratiques agricoles inadaptées (emploi abusif de produits phytosanitaires de plus en plus toxiques, remembrement, monoculture, ensilage, etc...). Depuis 1995, près de 30 % des colonies d'abeilles disparaissent chaque année.
En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité
De 1995 à 2005, la production nationale a chuté de 30 % et les importations ont triplé.

C'est pourquoi l'UNAF a lancé en 2005 l'action "L'abeille, sentinelle de l'environnement" pour alerter le grand public de cette situation inquiétante et tenter de protéger aussi bien l'abeille, que l'apiculture qui en dépend.
Un nombre croissant d'institutions et d'entreprises privées nous répondent, conscientes de l'importance de la préservation de cette faune pollinisatrice pour la sauvegarde de nos cultures et de la biodiversité.
Ensemble, nous demandons qu'une réflexion soit menée au sein de notre gouvernement et des gouvernements des autres pays, car la situation que nous rencontrons en France est identique dans le reste du monde.
Nous demandons que cette réflexion soit suivie de faits et que la gestion agricole, aujourd'hui peu scrupuleuses vis-à-vis de notre environnement, évolue positivement en misant sur la recherche de moyens respectueux des bases d'un environnement sain.

Nous, collectivités et entreprises, partenaires de l'opération "L'abeille, sentinelle de l'environnement" nous engageons à :

  1. Soutenir l'action de l'UNAF auprès des pouvoirs publics pour obtenir une véritable protection de l'abeille,
  2. Exiger une stricte application de la directive 91/414 en matière d'homologation des produits phytosanitaires,
  3. Favoriser une agriculture réellement respectueuse de l'environnement,
  4. Ne pas utiliser de produits phytosanitaires toxiques pour les abeilles dans les parcs et jardins ou terrains à notre collectivité,
  5. Ne pas procéder à la mise en culture de plantes génétiquement modifiées,
  6. Favoriser l'implantation et la mise en culture de végétaux à vocation pollinifère et nectarifère,
  7. Favoriser l'information en direction des agriculteurs,
  8. Favoriser l'installation de nouvelles colonies et de nouveaux apiculteurs,
  9. Favoriser la connaissance de l'abeille et de l'apiculture,
  10. Promouvoir le rôle de l'abeille comme sentinelle de l'environnement,
  11. Promouvoir les produits apicoles du terroir et les recherches dont ils peuvent faire l'objet,
  12. Favoriser les échanges entre les apiculteurs sur le plan international.

Si vous avez cinq petites minutes devant vous, vous pouvez aider l'UNAF en signant leur pétition en ligne : Un moratoire et une loi sur les OGM.

Merci de votre attention.

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