Hommage à Im Kwon-taek

Pour célébrer sa dixième édition, le Festival rendra hommage au cinéaste coréen emblématique IM KWON-TAEK, et proposera en ouverture la projection de son 100ème film intitulé "CHUN NYUN HACK" (BEYOND THE YEARS).

Né le 2 mai 1936 à Jangseong, dans la province de Jeollanam-do située au sud de la Corée, Im Kwon-taek grandit dans la ville de Gwangjun où il fait ses études secondaires. Pendant la Guerre de Corée, il subit de terribles épreuves et voit disparaître de nombreux membres de sa famille. Il déménage alors pour trouver du travail, d’abord à Pusan puis à Séoul en 1955. Il y fait la rencontre du réalisateur Jeong Chang-hwa et, en 1956, commence à travailler comme assistant de production sur son film « The Story of Janghwa & Hongryun ». Avec l’aide de ce dernier, il réalise en 1962 son premier long métrage « Adieu fleuve Duman ».

Pendant les années 70, Im Kwon-taek s’épanouit en tant que cinéaste avec le succès de ses premiers films dramatiques, sociaux, poignants et humanistes qui le feront remarquer en dehors de son pays. Parmi eux, « L’arbre généalogique » (1978), « Le héros caché » (1979), « La poursuite de la mort » (1980) et « Mandala » (1981) qui seront encensés par la critique tant en Corée qu’à l’étranger. Mais la renommée internationale viendra vraiment avec « La mère porteuse » (1986), « Viens, viens plus haut » (1989) et « La chanteuse de Pansori » (1993), des films qui valent à Im Kwon-taek d’être le réalisateur coréen le plus connu et respecté au monde. Son film « Le chant de la fidèle Chunhyang » (2000) sera le premier film coréen sélectionné en compétition au Festival de Cannes.

Im Kwon-taek remporte tout au long de sa carrière de nombreuses récompenses internationales, dont le Prix du Meilleur Réalisateur au Festival de Cannes en 2002 pour « Ivre de femmes et de peinture ». En 2004, son film « La pègre » est sélectionné en compétition au Festival de Venise et, un an plus tard, il reçoit un Ours d’Or d’Honneur au Festival de Berlin.

Hommage à Joe Hisaishi

Durant ses études musicales à la faculté de Kunitachi au Japon, Joe Hisaishi commence à s’intéresser à la musique minimale et débute une carrière de compositeur en écrivant, jouant et produisant des oeuvres contemporaines lors de plusieurs concerts. En 1982, il livre « Information », son premier album solo. Depuis sont sortis « Piano Stories », « My Lost City », « Chijo No Rakuen », « Works I », « Shoot the Violist » et de nombreux autres albums dans lesquels il affirme un style unique, affranchi des barrières séparant les genres musicaux.

Après la sortie du film d’animation « Nausicaä de la vallée du vent » de Hayao Miyazaki (1984), Joe Hisaishi compose la musique de plus d’une quarantaine de longs métrages, dont « Princesse Mononoké » et « Mon voisin Totoro » de Hayao Miyazaki, « Hana-Bi », « L’été de Kikujiro » et d’autres films de Takeshi Kitano. Il remporte de nombreuses récompenses, dont cinq fois le Prix de la Meilleure Musique de Film au Japon. En plus de ses récentes collaborations avec Takeshi Kitano sur « Aniki, mon frère » et Hayao Miyazaki sur « Le voyage de Chihiro » et « Le château ambulant », Joe Hisaishi poursuit une carrière internationale, composant la musique du film français « Le Petit Poucet » de Olivier Dahan (2001), du film coréen « Welcome to Dongmakgol » de Park Kwang-hyun (2005), du film hongkongais « A Chinese Tall Story » de Jeffrey Lau (2006) et du film chinois « The Post-Modern Life of My Aunt » de Ann Hui (2006).

En 2001, il fait également ses débuts derrière la caméra, en écrivant, réalisant et produisant le long métrage « Quartet ». En 2006, il reçoit le Prix de la Meilleure Musique décerné par la Los Angeles Film Critic Association pour « Le château ambulant » de Hayao Miyazaki. En tant que chef d’orchestre, Joe Hisaishi est devenu le premier directeur musical du New Japan Phil World Dream Orchestra, organisé par le New Japan Philharmonic. Il a composé récemment la musique des derniers longs métrages de Jiang Wen («Le soleil se lève aussi ») et Hayao Miyazaki (« Ponyo on the Cliff »).

Hommage à Kôji Yakusho

Né le 1er janvier 1956 à Nagasaki au Japon, Kôji Yakusho débute sa carrière de comédien en 1983 en interprétant un seigneur de guerre féodal dans « Tokugawa Ieyasu », une série télévisée diffusée sur NHK. Son charisme captive le public et il devient rapidement populaire au Japon. En 1988, il obtient son premier rôle principal au cinéma dans le long métrage « Another Way » de Kosaku Yamashita.

L’année suivante, il reçoit pour la première fois l’équivalent du « César » japonais du meilleur acteur avec le film « Under Aurora » de Petras Abukiavicus, Toshio Goto et Sergei Vronsky. En 1996, il est sacré quatorze fois meilleur comédien grâce à son interprétation dans les longs métrages « Shall We Dance? » de Masayuki Suo, « Nemuru otoko » de Kohei Oguri et « Shabu gokudo » de Tatsuoki Osono. Suite à son immense succès au Japon, « Shall We Dance? » est distribué aux Etats-Unis en 1997 et reste à ce jour le film japonais ayant totalisé le plus de recettes aux Etats-Unis. La même année, Kôji Yakusho est récompensé à nouveau pour son interprétation dans « Paradise Lost » de Yoshimitsu Morita, « Bounce Kogals » de Masato Harada, « Cure » de Kiyoshi Kurosawa et « L’anguille » de Shohei Imamura, qui obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1997.

Au cours des années suivantes, de nombreux films dans lesquels joue Kôji Yakusho sont sélectionnés dans des festivals internationaux. Ainsi, « Charisma » de Kiyoshi Kurosawa est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 1999. « Eureka » de Shinji Aoyama (2000) et « De l’eau tiède sous un pont rouge » de Shohei Imamura (2001) sont sélectionnés en compétition officielle au Festival de Cannes. En 2000, « Dora-heita » de Kon Ichikawa est présenté au Festival de Berlin. En 2003, Kôji Yakusho est à l’affiche de « Doppelganger » de Kiyoshi Kurosawa et « Lakeside Murder Case » de Shinji Aoyama. Deux ans plus tard, il tourne dans la production américaine « Mémoires d’une Geisha » de Rob Marshall qui sera nommée aux Oscar. En 2006, il est dirigé par Alejandro González Iñárritu dans « Babel » qui remporte le Prix du Meilleur Réalisateur au Festival de Cannes et le Golden Globe du Meilleur Film. La même année, Kôji Yakusho est l’interprète principal du film « The Uchoten Hotel » de Koki Mitani, un énorme succès au Japon, et tourne à nouveau sous la direction de Kiyoshi Kurosawa dans « Retribution ».

En 2007, Kôji Yakusho est à l’affiche du drame « Walking My Life » de Satoshi Isaka. Il sera prochainement sur les écrans dans « Silk » de François Girard, « Paco and the Magical Picture Book » de Tetsuya Nakashima et « Tokyo Sonata » de Kiyoshi Kurosawa.

Hommage à Jiang Wen

Pour représenter la Chine continentale, le Festival rendra hommage à l’immense comédien, réalisateur et scénariste du Céleste Empire: JIANG WEN
Né le 5 janvier 1963 à Tangshan en Chine dans une famille de militaires, Jiang Wen passe ses jeunes années à pratiquer le théâtre. En 1980, il entre à l'Académie Centrale d'Art Dramatique de Pékin, où il obtient son diplôme quatre ans plus tard. Cette année-là, il débute sa carrière de comédien au théâtre, intégrant la troupe du Théâtre de la Jeunesse Chinoise, mais aussi au cinéma, faisant sa première apparition dans le long métrage « The Last Empress » de Chen Jialin.

Il poursuit une carrière au cinéma avec les films « Hibiscus Town » de Xie Jin (1986), « Le palanquin des larmes » du réalisateur français Jacques Dorfmann (1987), « Black Snow » de Xie Fei (1989) ou encore « L’eunuque impérial » de Tian Zhuang-zhuang (1990). En 1987, il partage l’affiche avec Gong Li dans « Le sorgho rouge » de Zhang Yimou, qui le dirigera à nouveau dans « Keep Cool » en 1996.

Jiang Wen devient très populaire en Chine en 1992 en tenant le rôle principal dans la série télévisée à succès « Un Pékinois à New York », qui fait de lui l’un des acteurs les plus appréciés de sa génération.

Deux ans plus tard, Jiang Wen écrit et réalise son premier film, « In the Heat of Sun », d'après un roman de Wang Shuo qui se déroule pendant la Révolution Culturelle. Son jeune acteur, Xia Yu, remporte le Prix du Meilleur Acteur à la Mostra de Venise, et le film obtient six Golden Horse Awards à Taïwan. Son second film, « Les Démons à ma Porte », reçoit le Grand Prix du Festival de Cannes en 2000. Ce drame se déroulant pendant la guerre sino-japonaise au début des années 40 remporte un franc succès à l'étranger et déclenche la colère des autorités chinoises et nippones. En 2003, Jiang Wen est membre du jury, présidé par le réalisateur et metteur en scène Patrice Chéreau, au Festival de Cannes. Son troisième long métrage, « Le Soleil se Lève Aussi », est présenté l’année dernière en compétition au Festival de Venise.

Hommage à Jia Zhang-Ke

Né le 29 mai 1970 à Fanyang, dans la Province du Shanxi, au nord de la Chine, Jia Zhang-Ke entre, à l'âge de dix-huit ans, à l'Ecole des Beaux Arts de Taiyuan pour y étudier la peinture. Il développe un intérêt pour la fiction et écrit en 1991 son premier roman The Sun Hung On The Crotch. En 1993, il est admis à l'Académie du Film de Pékin et deux ans plus tard, il fonde le Youth Experimental Film Group, première structure de production indépendante en Chine, avec laquelle il réalise ses deux premiers films tournés en vidéo « Xiao Shan Going Home » et « Du Du ». Diplômé de l’Académie en 1997, il écrit et réalise l’année suivante son premier long métrage en 16mm, « Xiao Wu, Artisan pickpocket », qui est notamment primé au Forum du Festival de Berlin.

En 2000, Jia Zhang-Ke obtient la reconnaissance de la critique et du public cinéphile avec son second film « Platform ». Deux ans plus tard, « Plaisirs inconnus » est présenté en compétition au Festival de Cannes. En 2004, « The World » est en compétition au Festival de Venise et Jia Zhang-Ke reçoit l’Ordre des Arts et des Lettres du gouvernement français. « Still Life », son cinquième long métrage, remporte le Lion D’Or du Festival de Venise en 2006. Jia Zhang-Ke est devenu l’une des figures emblématiques de la « sixième génération » de cinéastes chinois. Résidant dorénavant à Pékin, il s’implique activement dans le développement du cinéma indépendant en Chine.

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