Connaissez-vous BedZED ?

Voici une bonne question, ami lecteur ! C'est un groupe de rock scandinave ? Un petit bretzel ?! Que nenni : il s'agit d'un petit quartier, îlot résidentiel de 82 logements, construits au sud de Londres. Caractéristique de celui-ci : tout est fait pour diminuer au maximum le recours au pétrole. Le plus rigolo n'est pas le nom du quartier, mais c'est que ça marche, en fait.
Ainsi, le fait de coupler les appartements et les lieux de travail évite les déplacements pendulaires traditionnels dans les grandes villes.
On y trouve aussi des commerces de proximité pour donner vie au quartier. Les voitures sont limitées au maximum et des voitures électriques sont mises à disposition des habitants, voitures (ou scooters!!) qui se rechargent grâce aux panneaux solaires situés sur les toits des bâtiments.
Le projet couvre 1,7 hectares. Il comprend 2 500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, ... Bref : c’est le premier ensemble de cette taille et à ce niveau d’efficacité énergétique à avoir été construit au Royaume-Uni, avec les principes de l’Habitat écologique et un objectif social, avec le soutien de la Fondation Peabody (ONG caritative de Londres, dédiée à l'habitat, partenaire du projet).
Cette réalisation est rapidement devenue une référence. On vient la visiter de nombreux pays.
La démarche se rapproche de celle de la Haute qualité environnementale (HQE) et des écoquartiers. L'objectif est simple et limpide comme le crystal (mon totem) : diminuer l’empreinte écologique, avec :
Pour l'énergie :
- Un bilan-carbone de zéro (impact neutre) sans utilisation d'énergies fossiles
- Consommation d'énergie réduite de 60 % par rapport à la demande domestique moyenne
- Réduction de 50 % de la consommation énergétique liée aux transports
- Réduction de la demande en chauffage de 90 %
Pour l'environnement :
- Consommation d'eau réduite de 30 %
- Volume des déchets réduit et recyclage accru
- Utilisation de matériaux de construction venant pour moitié au moins d'une distance inférieure à 60 km
- Développement de la biodiversité des espaces végétalisés, jusque sur les toitures
- Aucune consommation de terrain naturel ou agricole
Pour le social :
- La Mixité sociale est recherchée
- Des commerces et activités socioculturelles sont intégrés
- Le réseau de transports en commun favorise le contact avec l'extérieur
BedZED semble avoir réussi à diminuer de 50 % son empreinte écologique car, par rapport à des logements classiques :
- La consommation d'énergie pour le chauffage est réduite de 88 %.
- La consommation d'eau chaude est réduite de 57 % (87 litres par habitant par jour).
- La consommation d'électricité est de 3 kWh par jour, soit 25 % de moins que la moyenne au Royaume-Uni.
- 11 % sont produits par les panneaux solaires. Le reste est généré par une centrale en cogénération qui utilise des résidus de bois coupé – mais en ce moment, elle ne marche pas. Une solution de remplacement est à l'étude. L'électricité provient actuellement d'énergies renouvelables.
- La consommation d’eau est réduite de 50 % (ou 67 % en comparaison avec une maison avec un ‘power shower’).
- Le kilométrage des résidents est réduit de 65 %.
- Il y a 0,6 place de parking par logement contre 1,2 pour un logement traditionnel.
Le quartier est par ailleurs proche de grands espaces verts et chaque appartement dispose d'un jardinet d’environ 15 m² ainsi que d'une serre exposée au Sud (chaleur et lumière) climatisée par ventilation passive. Le quartier est aussi connecté au réseau des transports publics pour encourager un moindre usage des voitures, qui par ailleurs si elles sont électriques peuvent être rechargées par bornes solaires. L’usage du vélo est facilité. Enfin, un tiers des appartements est réservé à des logements sociaux, un tiers est réservé à des "key partners" (personnes ayant une utilité publique : médecins, infirmiers, pompiers, professeurs, etc), et le dernier tiers est vendu/loué sans contrainte spécifique.
Pour finir cette petit présentation, parlons oseille :
Le prix d'achat du logement était de 20 % plus élevé que le prix moyen de l'immobilier dans cette banlieue, mais cet apparent surcoût est rapidement amorti et compensé par les très faibles coûts d'exploitation et de l'énergie, et la disponibilité en services locaux améliorés.
A quand une initiative analogue dans notre beau pays de France (cher pays de notre enfaaaance) !
Jean-Christophe Gilbert
* Sources que j'ai - largement - utilisées pour écrire cet article : Ecolo-journal de la Chartreuse verte + Wikipedia | Crédit photo Commons.wikimedia.org
Par La rédaction, vendredi 7 mars 2008 à 09:02 - Ecologie - #742 - rss








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