Cette Marie-Monique Robin est une journaliste française qui n'a pas froid aux yeux - elle a d'ailleurs obtenu le Prix Albert Londres en 1995 pour "Voleurs d'yeux" - autre documentaire absolument remarquable que j'ai vu jadis limite dans les même conditions que celui de Monsanto mais bref : revenons à nos moutons, transgéniques ou pas...

Monsanto est le leader mondial des OGM, mais c'est aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle.
Production de PCB , de polystyrène, d'herbicides dévastateurs (agent orange) ou d'hormones de croissance bovine et laitière (interdites en Europe) : depuis sa création, en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits. Pourtant, aujourd'hui, Monsanto se présente comme une entreprise des "sciences de la vie", récemment convertie aux vertus du développement durable. Fruit d'une enquête exceptionnelle de trois ans qui a conduit Marie-Monique Robin dans trois continents (Amérique du Nord et du Sud, Europe et Asie), son livre et son documentaire retracent l'histoire fort mal connue de cette drôle d'entreprise.

C’est assise face à son écran d’ordinateur à arpenter Google qu’elle a découvert la plupart des faits que révèle son travail.
Dans un entretien à Mediapart - nouveau confrère 100% en ligne - Marie-Monique Robin, explique que « presque toute l’information est publique », mais éparpillée et souvent incompréhensible aux profanes que nous sommes. Enfin que je suis, ça, c'est sûr ! Et donc, si elle a pu mettre la main sur quelques pépites - comme l’archive vidéo d’une visite de George Bush père au laboratoire de Monsanto - l’essentiel de son enquête a consisté à remonter tout bêtement aux sources des données dont elle retrouvait la trace. Marie-Monique Robin en conclut qu’ « il ne faut pas prendre l’information scientifique pour argent comptant », et refuser de laisser les biotechnologies aux seuls biologistes. Bonne idée. Comme dirait l'autre : "La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires" (l'autre, c'est Georges Clémenceau).

Libre à chacun - donc - de vérifier ses assertions d'un clic, voire de refaire pas à pas l’enquête.
Pour Marie Monique Robin, mettre en scène Internet était aussi une façon de se protéger contre Monsanto « en désignant les pièces sur lesquelles se fondent chacune des affirmations énoncées dans le film ». Libre ainsi à chacun de vérifier ses assertions d'un clic, voire de refaire pas à pas son enquête (bon, d'accord, ça, je l'ai déjà écrit plus haut, c'est vrai). La dernière bonne nouvelle est que Marie Monique Robin est fille de cultivateurs ; elle a grandi dans une ferme des Deux-Sèvres - ma région ! Donc, sans prendre position - là n'est pas notre propos - je t'invite, ami lecteur :

  • à voir l'émission sur dailymotion en cliquant ici.
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Ce qui est sûr, c'est que je vais d'avantage faire gaffe quand je mange du maïs, moi...
:)

Jean-Christophe Gilbert