Franck Dubosc : "Le Disco, c’est contagieux"

FRANCK DUBOSC : Avec Disco, il s’apprête à vous donner la fièvre du samedi soir ! Entouré de son drôle de boy’s Band, il fait déferler sur le Havre la vague Disco entre insouciance, joie de vivre et optimisme à toute épreuve ! Une comédie orchestrée par Fabien Onteniente et interprétée par une pléiade de comédiens inspirés qui s’éclatent autour de Franck Dubosc alias Didier Travolta… Interview.
Franck, dès les premières images, c’est un sans faute ! Le Havre prend des allures de côte Ouest et, toi, affublé de ton jogging blanc et de ton caddie de concierge, tu es malgré tout un winner !
Oui, c’est cela ! Même habillé ainsi avec son caddie, il n’a peur de rien et il est sûr de tout. C’est un Dieu dans sa tête ! Comme John Travolta dans la “Fièvre du samedi soir” qui a dans les mains un pot de peinture et qui est tout de même un winner !
C’est là où l’on se dit que vous avez tout compris au Disco car c’était avant tout un état d’esprit…
On ne dansait pas le Disco, on était Disco. On n’aimait pas le Disco, on était Disco. C’était une façon d’être, une religion comme je le dis dans le film. Je suis Didier Graindorge le jour et Didier Travolta la nuit. C’est un état d’esprit. Le Disco n’était pas un courant musical mais une philosophie à laquelle on croyait. On est passé des années noires du hard rock où l’on était mal habillé et sombre, à la couleur du Disco démontrant que la virilité pouvait venir de l’intérieur. On pouvait être un freluquet mais tout à coup mesurer deux mètres dix. Pas seulement parce qu’on mettait des talons hauts mais parce que dans notre tête on touchait les étoiles… La tête bien haute. Les mouvements baba cool et hard rock nous avaient fait baisser la tête et, tout à coup, on la relevait !
Pourtant, ton personnage a bien des soucis, à commencer par ce commerce foireux de water bed qui l’oblige à rembourser tout son quartier…
Oui, mais il est sûr de s’en sortir et il a une véritable aura qui lui permet de le faire croire. Il a cette joie de vivre, cette couleur qui attire la couleur. C’est un arc-en-ciel Didier ! Il attire la sympathie des gens et la confiance. Le Disco, c’est aussi une danse solo qui se danse à plusieurs. Donc, forcément, c’est fédérateur. Le Disco, c’est contagieux...
Ta femme anglaise n’a pas l’air de cet avis et ne se rend pas compte que ton fils serait plus heureux avec toi… Mais, en participant à un concours de Disco et en refondant ton groupe les Bee Kings, tu lorgnes le premier prix : un voyage pour deux en Australie…
Oui, c’est le pays du rêve avec les kangourous ! C’est la carotte qui, en dehors d’aider son fils, lui permettra de redevenir lui-même. On a tous quelque chose que l’on fait bien et il y a un moment dans notre vie où on l’oublie. On prend alors un autre virage et on l’oublie. Didier, lui, se souvient et veut y croire et il sait qu’il peut gagner ce premier prix.
C'est là où ton personnage est extraordinaire parce qu’il a véritablement bloqué le compteur !
Oui, sur son adolescence, sur ces années lumière. Il est resté sur ses années fastes dans un monde beau et gentil… De voir des gens comme cela qui ne se prennent pas la tête, je trouve que c’est reposant. Cela me rassure de me voir comme ça d’ailleurs ! Je me dis que je peux être aussi Didier Travolta, un gentil mec, un gars ouvert aux autres…
Ce personnage pour toi, c’est du cousu main ?
Comme je suis co-auteur, forcément, c’est fait pour moi mais je ne rentre pas dans les personnages, ce sont eux qui rentrent en moi. Je l’aime bien Didier, je lui laisse la place… Je le laisse faire. Didier, c’est un passeport vers un autre moi, vers un autre univers. Lorsque j'interprète un personnage, je ne me laisse pas vampiriser mais je leur donne tout et cela me permet d’oser tout, pour moi qui suis quelqu’un de pudique dans la vie. Les personnages me permettent de rompre cette pudeur et, moi, je me cache derrière eux… Derrière ce masque, je peux tout me permettre…
Ce film, bien entendu, te tient à cœur. Qu’est-ce qu’il t’a apporté sur la période Disco que tu ne connaissais pas encore ?
Cela ne m’a rien appris sur le Disco en tant que tel. Par contre, ce que j’ai appris c’est que cela existait toujours. C’est une musique très présente et à force d’en parler en interview, je me rends compte que j’ai bien fait de l’aimer. Car, je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, mais c’est une danse collective et cela me plaisait d’être au milieu des autres, de partager avec les autres. C’est pour cela, je pense, qu’elle dure cette musique et qu’elle revient tout le temps. C’est une musique de partage, fédératrice. La journée, on est prisonnier de son statut social mais la nuit on peut exister. Pour les gamins que l’on était, c’est la nuit que l’on avait la lumière. Si tu prends les “Bee Kings” , séparément, dans la journée, ce sont des loosers, mais sur le dance floor, ce sont des stars. Le gris c’est la couleur du jour. Le jour, tous les chats sont gris ! C’est la nuit que l’on s’illumine…

- Propos recueillis par Tony Gomez - Site officiel du film : http://www.disco-lefilm.com/
Par La rédaction, jeudi 3 avril 2008 à 08:44 - Interview - #805 - rss








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