Où étiez-vous, Nilda Fernandez ?
- J’ai passé presque cinq ans en Russie, il y a un livre là-dessus ! J’y ai fait un duo avec un chanteur local, Boris Moïsseev et j’y suis resté pour les tournées. Rien de mystérieux donc !

Comment le public russe a reçu un artiste comme vous, très « Sud » ?
- Là-bas, le chanteur français est une espèce en voie de disparition. Ils ont un grand attachement à la chanson française, Joe Dassin y est une idole sans relève. Quand on chante en français, on est très bien accueilli, c’est « glamour ».

Qu’en avez-vous retiré ?
- Musicalement, pas grand-chose car il faut avouer que c’est un peu sinistré sur ce point. On a plus d’influence ici, le jazz n’est pas passé par là. Humainement, j’en ai retiré ce que l’on peut retirer d’une culture à laquelle on n’est pas formé. La chanson y reste un truc assez primitif, mais les gens eux pas du tout, c’est pour cela que je les aime !

Le show-business français vous ré-accueille comment ?
- C’est un milieu qui a beaucoup de difficultés, de problèmes d’identité, je les laisse sur le divan du psy ! C’est une industrie en perdition, ce n’est pas très grave, sauf pour ceux qui y travaillent. Les gens qui ont aimé mes chansons sont profondément encore là.

Comment vous présentez vous pour cette tournée ?
- Seul avec ma guitare. Quand je suis rentré, mes musiciens étaient partis sur d’autres histoires et plutôt que de remonter une équipe, j’ai eu envie d’y aller à la simplicité sans avoir d’autres comptes à rendre. Ça me correspond bien.

Quel programme pour cet été ?
- C’est le grand écart pour combiner privé et professionnel. Je prépare un album à Gènes en Italie pour février prochain. J’y travaille des textes français avec un guitariste flamenco et quatre musiciens pop-rock qui ont accompagné Zucchero notamment. Je vais aussi aller en Espagne, en Russie pour préparer quelque chose là-bas.

Toujours en voyage…
- Je n’aime pas rester sur mon tas de sable à attendre… C’est le moteur de ma vie. J’aime la perte de repères, être sur le qui-vive avec des situations que l’on n’a pas prévues, ça demande une vigilance plus grande.

Vous êtes "plage" ?
- J’aime la mer, regarder l’horizon. Dans mon regard d’enfant il est très important. Je me revois sur une colline au-dessus de Barcelone quand j’étais chez mes grands-parents, j’y voyais la mer au loin, c’est une image très douce…

Vous êtes très sensuel…
Oui, un peu à la manière de Lorca dans la poésie, y’a des choses belles très tactiles, très olfactives, les cinq sens…

Qu’avez-vous envie de dire aux estivants curieux de vous découvrir sur scène ?
- Venez sans pop-corn, avec la serviette autour de la taille s’ils veulent, mais sans tongs je n’aime pas ça !

Propos exclusifs recueillis par Anne Le Hars.