JDP : Votre tournée estivale comporte beaucoup de date à l‘étranger et peu en France. Hasard de la programmation ou réel désir de faire partager votre musique à une audience pus large ?
MK : L’an dernier, j’ai fait énormément de date en France et notamment de grosses manifestations comme Nice ou Juan Les Pins. Ce n’est donc pas possible de reprogrammer une telle tournée, je ne suis pas Herbie Hancock, je dois laisser aussi la place aux autres. C’est pour cela en 2008 je tourne dans les grands théâtres nationaux et les places se vendent plutôt bien…

JDP : Votre public vient-il aussi de la télé et de vos émissions sur M6 ou Arte ?
MK : Pour en avoir parlé récemment avec les organisateurs de concerts, tous me disent que ce sont majoritairement des habitués qui viennent nous voir. C’est réconfortant et rassurant. Il y a à peu près 30% de gens qui viennent par curiosité parce qu’ils m’ont vu à la tv. A moi d’aller les chercher et de leur faire aimer ma musique.

JDP : Vous êtes cette semaine au Touquet, quels titres allez-vous jouer ?
MK : Nous allons reprendre essentiellement les titres du dernier album, Playground avec quelques morceaux de Neighbourhood (sorti en 2005, NDLR). Peut-être aussi que nous jouerons avec PI4, l’ensemble venu de Lille qui assure la première partie du concert.

JDP : Vous allez vous produire devant un public qui peut-être connaît mal le jazz. Comment allez vous leur insuffler l’esprit jazz ?
MK : Au départ, à la fin de la 2e Guerre Mondiale, le jazz était une musique très populaire, très en vogue. Avec le temps, elle est devenue élitiste et pas commerciale mais c’est une musique instrumentale donc très lisible. Il n’est pas nécessaire d’être un jazzman averti pour prendre du plaisir à l’écouter. De plus, le jazz est une passerelle, un vrai mélange générationnel grâce à la l’électro ou par le biais du hip hop qui a beaucoup samplé le jazz. Cela l’a rendu désormais accessible à la jeune génération.

JDP : Puisque nous parlons d’influence, quelles sont celles qui vous ont inspirées ?
MK : Mile Davis depuis « Kind of Blue » ou encore Herbie Hancock sont deux artistes qui ont compté énormément dans mon background musical et j’essaye de digérer leur musique. Il y a aussi cette vague d’artiste venue des pays nordiques comme les suédois d’E.S.T (Esbjörn Svensson Trio, dont le pianiste est décédé en juin tragiquement, NDLR) qui ont ouvert des portes. Le jazz ouvre les mentalités, il est épris de liberté et n’est pas cantonné à une couleur de peau.

JDP : Votre émission de télé « One Shot Not » repart pour une saison ?
MK : Nous préparons actuellement les émissions de septembre et d’octobre qui clôtureront la saison mais nous devrions revenir à l’antenne l’année prochaine. C’est fait presque fait à 98%... C’est un projet qui me tient à cœur : un vrai mélange de genre, de culture musicale et j’aimerais qu’il soit diffusé à un autre moment que le samedi soir ou les gens sont très occupés, ceci afin d’être plus lisible envers les téléspectateurs du show.

JDP : Soyons un peu plus léger. En bord de mer, êtes-vous plutôt casquette ou chapeau ?
MK : Les deux j’ai toujours mis quelque chose sur ma tête. J’ai un énorme collection je ne saurais vous dire combien mais j’en ai beaucoup.

JDP : Plutôt Méditerranée ou Atlantique ?
MK : Je ne vais pas souvent à la mer mais je préfère la Méditerranée. L’océan Atlantique, c’est un peu trop nerveux. Il m’arrive d’aller à Carnon, près de Montpellier. J’apprécie le côté paisible, les plages larges et familiales.



Propos recueillis par Bertrand Vial, le 17/06/08.