Vous dites que vous faites le plus beau métier du monde, c’est tous les jours vrai ?
Oui et de plus en plus. C’est bon de donner du bonheur, de faire rire les gens. Quand je dis que je fais le plus beau métier du monde, c’est vrai et en même temps, j’ai beaucoup d’admiration pour les médecins. Sauver des vies, ça a une autre envergure.

Quand on est né à Nice, on mange de la socca, on connaît par cœur le vieux Nice et on parle nissart. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?
Bien entendu mais à la socca, je préfère les panisses, une spécialité niçoise à base de pois chiches comme la socca mais frite au lieu d’être dorée au four. La pâte est plus épaisse et s’accommode avec plus d’ingrédients. C’est une des spécialités du « bar des Oiseaux » et j’en invente de toute sorte. Ma créativité ne s’arrête pas sur scène. Je la retrouve en cuisine avec les panisses Tatouille fait avec de la ratatouille, les panissoises avec des oignons confits, etc.

Si vous n’habitiez à Nice, qu’est-ce qui vous manquerait le plus ?
La lumière et l’horizon. Je n’ai jamais vu ailleurs une lumière pareille même aux Antilles. C’est beau mais… différent.

Depuis 2003, Mado la Niçoise fait un tabac, avez-vous un autre projet dans vos cartons ?
Pas un, plusieurs. Alors il y a petit un, une bande dessinée, La Niçoise de Mado, qui vient tout juste de sortir. J’ai écrit les textes avec Marc Deville et c’est Philippe Nicloux qui s’est chargé des dessins. En petit deux, je sors en février 2009, un DVD en format court, deux minutes, qui s’intitulera Mado à la fenêtre ou De la fenêtre de Mado. J’aime bien cette idée d’ouverture. Si je rêve un peu, j’imagine bien ce type de concept adapté à la télé dans le genre « Un gars, une fille » ou « Caméra cachée ». En petit trois, je présente en janvier et février, au Gymnase à Paris, « Mado fait son show ». Enfin, en petit quatre, j’attends la sortie du film de Frédéric Cerulli « Le Commun des mortels » où je joue un petit rôle. J’ai mis un pied dans le cinéma et j’ai trouvé cette aventure passionnante et bien plus facile que de faire un one man show. Ça n’a rien à voir.

La vraie Mado existe-t-elle ou avez-vous inventé un patchwork des personnalités qui passaient dans le Bar des Oiseaux ?
Mado était une voisine du quartier qui était toujours très maquillée et possédait une énergie formidable. Elle était ravie que j’aie piqué son personnage.

Sur scène, Mado porte une tenue de super « cagole », une blouse vichy, une choucroute, des boucles rousses et du fard aux yeux bleu pétard, bref rien ne va ensemble. Ça vous amuse ce look ?
C’est du travail de clown, haut en couleurs. Je ne fais pas les choses à moitié. Les enfants adorent ce côté clownesque mais derrière l’apparence, il y a plus de profondeurs qu’il n’y paraît.

Commérages, autodérision, radio-potins et considérations planétaires. Mado la Niçoise, c’est le reflet de la vie de tout le monde ?
Au-delà des bons moments, des mots d’humour que tout le monde sait à peu près faire, il y a autre chose qui passe dans le spectacle. Finalement, je n’invente rien. Mais si le spectacle marche, c’est parce qu’il y a de l’empathie, de la générosité, de l’humain. C’est cela que les gens viennent chercher.

« Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on n’ose pas. C’est parce qu’on n’ose pas que c’est difficile » est une phrase de Sénèque que vous citez souvent. Vous avez un penchant philosophique ou c’est de la provocation ?
Non, c’est du sérieux et une phrase qui m’accompagne. Je viens d’un bar qui m’appartient toujours. Je n’étais pas prédisposée à faire une carrière d’artiste. Il faut beaucoup de courage pour franchir le pas, il faut se faire peur. C’est un défi. Je n’ai pas été élevée dans un milieu privilégié comme Laura Smet ou David Halliday mais dans un milieu commerçant. Cela change la donne.

Comment appréhendez-vous le public estival ? Le trouvez-vous différent ?
Non, je retrouve mon public sauf que là, il est « mesclunisé ».

Méditerranée ou Atlantique ?
La réponse va de soi.

Deux-pièces vichy ou une-pièce à fleurs ?
Les deux. Cela dépend si je suis sur une plage, à la piscine...

Bouquins, raquettes ou MP3 ?
Bouquins. En ce moment, je lis le livre d’Eric-Emmanuel Schmitt Quand j’étais une œuvre d’art.

Sable ou galets ?
Le sable, c’est vicieux. Ça s’infiltre partout. Les galets sont plus honnêtes.

Propos exclusifs recueillis par Annie Fayon