Comme un Ours sans cage

Une approche des textes très personnelle, une musique aux allures de comptine, en bref un album unique. Voilà les ingrédients du premier opus d ‘ «Ours», artiste talentueux à la fois timide et attachant. Entretien avec un chanteur atypique.
Charles Souchon** alias Ours. Peux-tu nous expliquer le choix d’un tel pseudonyme ?
C’est une image qui induit la dérision et la rigolade ! Etre sur scène, dans un clip ou sur une pochette ce n’est pas la vraie vie. J’ai écrit mon album en cachette, dans ma chambre. Un travail en solitaire comme un ours en hibernation dans ma tanière. Je n’avais pas envie de voir le nom que j’ai sur mon passeport écrit en gros. Même si mon nom de famille n’était pas connu, j’aurais pris un pseudo car je n’aime pas me mettre en avant.
Avant d’être auteur et interprète, tu es un musicien. Qu’est-ce qui t’as donné envie d’écrire ?
C’est en écoutant du rap et du slam que l’envie de jouer avec les mots m’est venue. Jouer avec le débit des mots, faire des jeux de mots… Tout cela parce que j’avais envie d’exprimer quelque chose je pense.
Tu as fait des études d’arts graphiques. On sent d’ailleurs une touche personnelle sur ton site et ta jaquette. Est-ce que c’est toi qui les a réalisés ?
Effectivement ce sont mes idées. Ce sont des choses que j’avais envie de montrer. Mais à cette époque-là, je manquais de temps donc j’ai fait appel à des amis pour me donner un coup de main.
Dans cet album tu parles de ton enfance, de ton adolescence, de tes parents. Est-ce qu’une partie de toi refuse de grandir ? D’ailleurs à quel âge as-tu quitté la maison familiale ?
J’ai écrit cet album à l’âge où l’on est entre l’adolescence et l’âge adulte, entre l’insouciance et les responsabilités. On est dans une phase de transition et l’on ne sait pas réellement ce qu’est la vie. C’est une phase de questionnement. Je suis parti à 19 ans en Angleterre pour profiter de ma liberté. Je donnais d’ailleurs très peu de nouvelles. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que la base de ma stabilité était justement mes parents et mon foyer.
Ton premier album « Mi » a reçu un très bon accueil. Comment vis-tu ce succès ?
Je suis très content même si je ne m’attendais à rien de particulier. J’étais dans ma tanière et je me disais que mon travail n’intéresserait personne. J’ai été surpris par l’engouement des radios pour « Le cafard des Fanfares » l’été dernier. D’autant plus que cela me tenait à cœur d’arriver avec ce morceau.
A travers ce titre justement, on ressent une sorte de fascination pour la foule. Est-elle négative ou positive ?
Je trouve que la foule est souvent bête. Baudelaire disait d’ailleurs que l’on se sent seul parmi elle.
Tu as créé un personnage de chanson nommé Nina. Qu’as-tu voulu raconter à travers elle ?
Nina c’est une fille qui noie son chagrin dans l’alcool et que l’on a envie de consoler. Ce qui me touche c’est qu’elle tombe le masque alors que les filles sont apprêtées la plupart du temps.
Tu vas faire une tournée estivale, comment appréhendes-tu la rencontre avec ton public ?
Avec bonheur et plaisir ! Les gens viennent découvrir ma musique dans une ambiance bon enfant. L’énergie est plus festive l’été et cela se sent. L’été rend les gens heureux…
As-tu un objet fétiche qui te suit partout ?
Ma guitare sinon il n’y aurait pas de concert ! Sinon je n’ai pas de rituels particuliers si ce n’est un serrage de main avec mes musiciens.
Plutôt Méditerranée ou Atlantique ?
Atlantique.
Sable ou galets ?
Sable.
Bob ou casquette ?
Aucun des deux. Un t-shirt que je mets sur la tête comme un chech.
Crème solaire ou monoï ?
De l’huile d’olive ! Non je rigole ! Crème solaire.
Raquettes ou bouquin ?
Ballon de foot !
**Ours ou Charles Souchon (de son vrai nom Charles Kienast) est le second fils d'Alain Souchon
- Lien vers le site officiel d'Ours : http://www.ours-lechanteur.com/
Propos recueillis par Pauline Congras - Crédit photo : Lisa Roze
Par La rédaction, dimanche 17 août 2008 à 07:39 - Interview - #1744 - rss








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