Vous chantez depuis quarante ans des chansons d’amour. Votre rencontre avec le public est-elle toujours aussi belle ?
Oui et de plus en plus. Quand j’ai commencé à chanter, j’étais très jeune. J’avais toujours rêvé de faire ce métier et cela me semblait naturel de chanter en public, de monter sur scène. J’étais un peu inconsciente. Avec le temps, la peur et le doute s’installent et l’on mesure la chance d’être là. Pour moi, c’est toujours la première fois. J’aime cette rencontre avec le public qui est toujours chargée d’émotions.

Quel est votre secret pour entretenir votre voix ?
Je n’ai pas de secret. Je fuis la climatisation même si c’est très difficile aujourd’hui. Lorsque je suis en tournée, j’évite de me coucher tard, je m’échappe des endroits enfumés. Je ne fais que des choses normales pour une bonne hygiène des cordes vocales. Comme je chante très régulièrement, je suis comme un sportif. Je fais ma gymnastique sur scène.

Jusqu’en 2006 et 2007, votre nom apparaît dans la tournée Age tendre et Tête de bois. Pas en 2008. Pourquoi ?
J’ai été la première à accepter le projet et le concept de cette tournée et je l’ai fait pendant deux ans. Après, j’ai eu envie de passer à autre chose : l’Olympia par exemple où j’étais en avril dernier.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle chanson française :, Raphaël, Cali, Ours, M, Grandco...
Ce sont tous des gens de grand talent. Grâce à eux, la chanson française se porte bien. Le problème, c’est la vente des disques. Mais cela n’empêche pas la créativité et cela permet de revenir à la source de ce métier : la scène.

Et sur les émissions comme la Star’Ac et Nouvelle Star ?
Il est évident que si j’avais 15 ans aujourd’hui, je postulerais à ce genre d’émissions. Moi, j’ai commencé par les radios crochets parce c’était ce qui ce faisait à l’époque. Aujourd’hui, aussi bien à la Star’Ac qu’à Nouvelle Star, on trouve des gens qui ont envie d’être vus mais qui ne sont pas forcément bourrés de talent. Il y en a d’autres qui sont très prometteurs. J’aime la Star’Ac, pas la Nouvelle Star parce que je déteste l’équipe. Ce sont des prétentieux. Je ne supporte pas ce jury mis à part Alain Manouchian. Cela dit, ce genre d’émissions est un tremplin formidable. Il peut donner un coup de pouce. Jenifer et Nolween en sont la preuve. On peut faire une carrière à partir de là. C’est un peu comme l’Eurovision.

Comment considérez-vous le métier d’artiste aujourd’hui ?
Il est devenu difficile justement parce que tout va très vite. On considère un artiste comme un produit. Mais les ventes ont tellement baissé que cela oblige à apprendre le métier, à faire de la scène. En 1964, quand j’ai commencé, je faisais plein de première partie de Claude François entre autres. Et cela, c’est une formidable école.

Vous êtes du Sud, du Luberon plus précisément ? C’est une région à laquelle vous êtes toujours attachée ?
Je suis de Perthuis dans le Vaucluse et évidemment pour moi, le Luberon c’est l’enfance, les grands-parents, les oncles et les tantes.

Méditerranée ou Atlantique ?
Nous avons de tellement belles régions que je ne sais pas quoi vous dire. Mais je suis plus attirée vers la Méditerranée. Quand mon mari, Jean-Pierre, faisait du jet-ski ou quand nous allions faire du bateau, c’est vers cette la Grande Bleue que nous nous dirigions.

Sable, galets, rochers ?
Je ne vais pas à la plage mais je préfère le sable.

Raquettes, bouquins ?
Bouquins.

Propos recueillis par Annie Fayon