Asalfo : "ça se danse et ça s’écoute !"

MAGIC SYSTEM - Leur nom vient d’un célèbre cube culinaire pour faire des fonds de sauce, leur musique du quartier de Marcory à Abidjan, leur reconnaissance mondiale d’un tube de 1999, leur tableau d’honneur 10 disques d’or et un de platine, leur message va au-delà des simples rythmes festifs, la preuve en interview avec Asalfo, leader vocal du groupe.
JDP : Quelle est l’actualité du groupe cet été ?
Asalfo : On a commencé la tournée en mai, d’ici sa fin en novembre on va passer aux Etats-Unis, en France... On prépare aussi un prochain album pour avril 2009, toujours Zouglou mais mélangé à d’autres genres musicaux. On a envie de collaborer avec des artistes autres que français.
C’est quoi le zouglou ?
C’est un courant musical né dans les campus universitaires des années 90 en Côte d’Ivoire. Une musique de philosophie qui se destinait aux gouvernants, elle est devenue une musique de revendications sociales, festive, mais au-delà, elle est urbaine et à messages.
Vous vous sentez engagé ?
Oui, mais ça dépend du cadre qu’on emploie. Chez vous, un artiste engagé c’est quelqu’un qui parle de politique, nous c’est plutôt le quotidien de chaque africain, ce qui ne va pas dans nos faubourgs, on défend le pouvoir d’achat... On est engagé du côté social, on parle de délinquance, on lance des messages.
Ce n’est pas votre image en France…
Justement, c’est de ça que l’on veut se débarrasser. Les gens nous voient comme une deuxième "Compagnie Créole" qui fait danser dans les soirées, il faut qu’on arrive à donner une autre image, c’est le but de notre futur album. Magic System ça se danse et ça s’écoute !
C’est dans ce sens que vous avez des concerts ce mois d’août au Rwanda ?
Oui, c’est important pour nous d’aller dans ce genre de pays, parce qu’en Côte d’Ivoire et au Rwanda, on a a peu prés la même histoire. C’est à l’image de l’Afrique, il y a beaucoup de pays qui sont en guerre, alors c’est bien de donner de la joie de vivre et d’en profiter pour lancer des messages forts à nos dirigeants africains.
On pense toujours à votre tube « Premier Gaou » en 1999, quel souvenir en gardez-vous ?
Que du bonheur ! Tous ces concerts qui ont permis de faire découvrir l’Afrique aux Européens, ça a ouvert beaucoup de choses. Avant, cette musique n’avait pas accès aux médias. Depuis, chaque été, il y a des découvertes de l’Afrique. C’est une victoire de montrer que l’Afrique ce n’est pas que les guerres et la famine.
Vous avez le temps de prendre des vacances ?
Malheureusement non ! Mais chez nous, il n’y a pas d’hiver, alors dès que l’on a une pause, à tout moment on y est en vacances d’été !
Si je vous dis plage…
Je pense au romantisme, au recueillement, au repos… Je pense à celle d’Assinie à 100 kilomètres d’Abidjan. En bordure de l’eau, vous avez les poissons braisés, ce qui nous manque ici, les plages en France sont trop sophistiquées. Nous, c’est nature-nature au clair de lune, avec les enfants qui courent partout, les chansons… C’est très sympa !
Propos exclusifs recueillis par Anne Le Hars.
Par La rédaction, lundi 25 août 2008 à 08:06 - Interview - #1733 - rss








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