Quel a été votre programme cet été ?
Beaucoup de concerts, New-York, le Canada, Istanbul, Rome… Mais bon, ce n’est surtout pas un travail ! Quel plaisir de jouer tous les soirs avec des gens que j’aime pour le public ! C’est lui qui me régénère en cas de fatigue. J’aime rencontrer des publics qui réagissent, particulièrement avec cette formation Tangaria Quartet car elle est composée de deux musiciens vénézuéliens, un contrebassiste de jazz et moi. C’est très latin comme musique, des valses françaises y prennent un air d’Amérique du Sud !

Vous vous éloignez du jazz ?
Je ne suis pas un intégriste du jazz, ce qui m’intéresse c‘est la musique qui véhicule des émotions et lisible par des gens sincères. Je ne joue pas pour les intellectuels. Le langage international c’est la musique. L’accordéon est un instrument du voyage, donc on peut jouer des airs de Barbara à travers le monde et le public sent que c’est un blues à la française.

Comment se font vos rencontres musicales ?
Toujours sur un regard, un sourire, quelque chose d’humain voire de presque animal ! Et une appréciation artistique. Quand cela est réuni, je me dis qu’on peut faire une chose ensemble. Je ne crois pas aux préméditations, genre "j’aimerais jouer avec untel"…

Qu’avez-vous à dire à ceux qui ont encore des a priori sur l’accordéon?
Ce sont les accordéonistes qui ont véhiculé cette image un peu ringarde. Adolescent, je trouvais cela un injuste, c’était du racisme musical alors j’ai cherché des disques introuvables, du jazz très rare avec de l’accordéon et inconsciemment j’ai comblé cette lacune. Aujourd’hui, il y a moins de sectarisme. Je vois aussi des enfants émerveillés par l’accordéon car ils n’ont aucun préjugés. Et puis, c’est un vrai jeu. Parfois je refais comme quand j’étais jeune, je m’amusais à faire marcher le soufflet sans émettre de notes, ça évoque la mer ou le vent !

Vous n’êtes jamais fatigué de jouer ?
C’est quand je rentre chez moi au Rouret dans les Alpes-Maritimes que je suis le plus fatigué ! Je quitte ma vie virtuelle en marge de la réalité ! Mes vacances, c’est de rester à la maison, pour composer notamment. La mer n’est pas loin, c’est essentiel. Mer et musique sont liées, le tango, c’est le tangage du bateau, c’est magique le mouvement des vagues, il y a un rythme, une danse… C’est sans fin.

Que vous souhaiter pour cet été ?
La santé pour continuer à donner.

Propos exclusifs recueillis par Anne Le Hars.

BIO EXPRESS : Richard Galliano (né le 12 décembre 1950) est un accordéoniste franco-italien.
Galliano est né à Le Cannet (Alpes-Maritimes). Il a commencé à jouer de l'accordéon à l'âge de 4 ans, influencé par son père Lucien, un accordéoniste originaire d'Italie, vivant près de Nice. Il a joué avec de nombreux artistes; parmi eux : George Mraz, Al Foster, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Ron Carter, Chet Baker, Enrico Rava, Martial Solal, Miroslav Vitous, Trilok Gurtu, Jan Garbarek, Michel Petrucciani, André Manoukian, Michel Portal, Daniel Goyone, Toots Thielemans, Bobby McFerrin et Claude Nougaro (en hommage à qui il compose et interprète Tango pour Claude, à Marciac en 2006) ...

Lien vers Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Galliano